Le Chemin et les punaises

Le chemin et les punaises de lit.

Faisons un point sur ce que l'on sait à ce sujet et sur l'état du chemin pour rassurer un peu le pèlerin.

Cette petit bête, la punaise de lit, à ne pas confondre avec la punaise des champ qui comme son nom l'indique vit dans les champs (et ne vous piquera jamais), à l'inverse de sa consœur des lits qui vit dans nos habitations( et au sens large dans notre environnement confiné)

. Autrement dit ce n'est pas en posant votre sac à dos dans l'herbe ou en faisant du camping que vous risquerez de vous charger d'une passagère clandestine…indésirable et piqueuse (en fait c'est plus une morsure qu'une piqûre) !

celle des champ est verte et grosse comme une pièce d'un centime, celle des lits est brune et grosse comme une (petite) lentille. champ lits

A ce jour, nous ne connaissons aucun cas où la punaise de lit aurait transmis une quelconque maladie. Ceci dit elle est piqueuse (suceuse de sang) et surtout quand elle n'est pas seule, une nuit de piqûres intensives n'a rien d'exaltant...car la bestiole a de l'appétit !

Disons de suite que comme nous la connaissons assez bien sur le chemin, l'ensemble des acteurs (hébergeurs, pèlerins…) ont fait ce qu'il fallait pour que celui ci soit à peu prés dépourvu de gros problème. Cela peut arriver mais c'est assez exceptionnel (les gros problèmes…).

En revanche, que vous la croisiez sur votre chemin est aussi probable car elle a la vie dure et sait se planquer et surtout se reproduire : d'où cette petite mise au point.

Son arme principale est son mode de déplacement, de migration. Elle ne saute pas, elle ne vole pas, elle rampe et sait s'aplatir très fin pour se cacher dans un interstice de plainte, dans un petit trou de mur, derrière un papier peint décollé, dans un coin à l'abri de n'importe quel meuble, table de nuit, chaise etc., grimper au plafond si c'est nécessaire, et bien sur dans la literie : matelas, sommier, couverture, et sac de couchage…

Une fois planquée, elle sait attendre longtemps sans bouger (plusieurs mois des fois...), jusqu’à ce que l'appétit lui revienne...et là, elle va sortir pour aller au devant de son festin comme un vampire va à la noce nocturne…

En effet, la punaise à besoin de trois informations pour se décider à rassasier son instinct piqueur : l'obscurité (la nuit), la chaleur ( d'un corps endormi) et la présence de CO2 (que le dormeur s'il est vivant dégage…)

Ces trois conditions réunis elle est capable de faire même une quinzaine de mètres (voir plus) pour aller casser la croûte… une fois rassasiée, elle repart pour aller digérer, vers une de ses cachettes qu'elle sait reconnaître mais pas seulement.

En effet si sur le parcours elle trouve un endroit propice à une nouvelle cachette, elle sera opportune d'autant que dans ses gênes elle a pourrait on dire le sens de l'aventure et du voyage...C'est inscrit dans son mode de reproduction, voyager pour faciliter la rencontre et la reproduction : pour elle ,c'est une manière de préserver l’espèce car c'est une pondeuse hors paire.

C'est là que votre sac à doc qui traîne sur le sol de l'hébergement rempli tout son rôle de taxi ! (ainsi que vos affaires non rangés dans un sac étanche).

Sur le chemin, c'est à 80 % le mode de transport de la punaise. Elle adore tous les coins et recoins et les fermeture éclaires des sacs à dos. (pour les hôtels ce sont les valises et les sacs de voyage)

C'est pourquoi de nombreux gîtes vous propose de laisser vos sacs à dos à l'extérieure des habitations, dans des casiers, en vous fournissant d'autres sacs pour vous permettre de prendre tous les effets nécessaires à votre nuitée

. Cette mesure est sûrement une des plus efficaces das la lutte cotre nos amies indésirables.

Si une telle procédure n'est pas en place, prenez l'habitude de ne pas laisser vos sacs à dos sur le sol pendant la nuit (et encore moins sur le lit), suspendez le, et aussi ranger tous vos effets dans des sacs étanches. Ne laissez pas traîner vos affaires !

Le deuxième vecteur de transport et le sac de couchage ou le sac à viande (appelons le sac à rêve...c'est plus joli!) Inspecter le régulièrement.

Des punaises...il n'y en a pas seulement dans les gîtes mais dans les hôtels, dans les trains, dans le cinémas, hôpitaux, chez les particuliers...etc...c'est un phénomène qui a pris de l'ampleur avec la progression du tourisme et des voyages. Il y en a partout dans le monde ou à peu prés.

Sur le chemin, où nous avons eu à apprendre et à nous organiser pour lutter efficacement, il y a relativement peu de gros problèmes. Cependant c'est un lieu propice car tous les pèlerins allant de gîtes en gîtes, favorise la propagation.

La punaise n'a rien à voir avec l'hygiène, cependant, si l'hébergeur passe tous les jours l'aspirateur et inspecte quotidiennement sa literie, il ne se laissera pas envahir et préviendra un gros problème…

La deuxième mesure importante pour lutter contre la punaise de lit dans les hébergements est l’organisation particulière de l'hébergeur lui-même : housses de matelas étanches sommiers étanches ou facilitant l'inspection siliconage (bouchage avec du silicone) de toutes les cachettes possibles (plaintes, trous, baguettes éléctriques, etc.) réduction au minimum nécessaire de l'ameublement, celui qui reste en place devant être facilement inspecté au sol comme aux murs

C'est l'ensemble de ces procédures qui garantit un bon résultat et nous prévient d'un gros problème.

Vous pourrez éventuellement rencontrer un punaise dans un gîte, si elle est là...c'est qu'un pèlerin l'a amené, peut être vous ! Pas de panique s'il y en à qu'une seule ce n'est pas un gros problème… Sans créer un mouvement de panique… prévenez discrètement l'hébergeur et il fera son travail.

En revanche si vous êtes en présence d'une infestation...(40, 50 punaises…) là c'est un gros problème...(c'est extrêmement rare) et n'hésitez pas à vous plaindre à l'hébergeur bien sûr, mais aussi à l'office de tourisme et à la mairie… vous rendrez service à tout le monde, hébergeurs et pèlerins compris, car ce n'est pas un travail sérieux que de se laisser envahir de la sorte. Cela devient un point d'infestation qui alimente en punaises migrantes les autres gîtes.

Les hébergeurs sont organisés, d'une manière informelle certes, et se préviennent mutuellement en cas de détection de punaises.

Un des soucis du pèlerins quand il se fait piquer c'est d'abord de reconnaître ces piqûres en tant que celles d'une punaise et ensuite de savoir dans quel gîte il a été piqué. En effet c'est loin d'être évident car il n'y a pas que les punaises qui piquent : moustiques, puces, araignées etc …

Si vous constater 100 ou 200 piqûres (je l'ai déjà vu sur certains de mes chemins) pas de problème….pourrait-on dire : ce sont des punaises !

S'il s'agit de trois quatre ou cinq piqûres ce n'est évident. La punaise pique en tir groupé (pas forcément en ligne comme on a coutume de le dire…) à l'inverse du moustique qui va vous piquer une fois en haut une fois en bas...et rarement sous un vêtement de nuit type pyjama ( à l'inverse de la puce. Ceci dit ce n'est pas une règle absolue!). C'est pourquoi vous trouvez des piqûres sur le cou, les jambes, les bras et toutes surfaces découvertes (le bas des reins par exemple) un autre problème outre celui de l'identification de la piqûre est est celui de savoir quand on a été piqué. En effet, la démangeaison forte n'intervient souvent (cela dépend des individus) que 12, 24 ou 48 heures après, d'où la difficulté d'établir précisément le lieux et le moment où vous avez été piqué.

Une piqûre de deux ou trois jours présente souvent un espèce de petit bulbe d'eau au sommet de la;piqûre. Il existe des crèmes pour calmer la démangeaison, mais un remède simple consiste à mettre pas mal de gros sel dans du vinaigre et de vous en appliquer sur les piqûres.

Le reflex générale pour lutter contre les punaises consiste à avoir recours aux insecticides. Il y a beaucoup à dire à ce sujet.

D'abord depuis 2015, l'usage et l'achat d'insecticide dit « professionnels » sont encadré par une nouvelle loi incitant à limiter les risques due à l'utilisation de ces produits nocifs. Autrement dit, nous les hébergeurs, et vous les pèlerins, non titulaire d'un certificat « biocide », ne sommes plus en mesure d’acheter et d'utiliser ces produits à forte concentration, les seuls à peu prés efficaces. Ce n'est pas plus mal car ce sont réellement des produits dangereux qui peuvent créer certains désagrément à nos utilisateur notamment en cas d'allergie.

Les pèlerins peuvent, et on les encourage, continuer à utiliser des insecticides « domestiques » (faible concentration), ceux-ci ont pour le moins un effet « répulsif »( sur les sacs à dos). D'autres méthode du type essence et huiles essentielles peuvent elles aussi être encouragées.

Quoi qu'il en soit, la méthode et les procédures sont les armes de base dont dispose les hébergeurs pour endiguer le phénomène.

Maintenant au stade curatif, c'est à dire qu'il y a un problème et qu'il faut impérativement se débarrasser de la punaise pour rendre le lieu praticable, nous disposons quand même de l'arme absolue : LA CHALEUR !

En effet au delà de 100°, la punaise meurt immédiatement et surtout ses œufs sur les quels les insecticides ne sont pas actifs.

Deux outils sont à notre disposition : la machine à vapeur sèche (type vaporetto 100 °) et surtout le décapeur thermique à variateur électronique (type sèche cheveux pouvant aller jusqu'à 800 ° pour décaper des peintures par exemple). Variateur électronique car nous réglons la température à 200 °. cet air chaud détruisant immédiatement et définitivement punaise et œufs arrive à pénétrer partout dans n’importe quel interstices...c'est l'arme absolue !

Comme vous le constatez, les hébergeurs connaissent le sujet et ils sont armés en conséquence : vous pouvez donc leur faire confiance.

Le Chemin en France est considéré comme « propre », vous pouvez le pratiquer en toute quiétude. Il ne s'agit ni de nier une réalité, la présence de la punaise, ni d 'en faire une phobie.

Derniers conseils si vous avez croisé la punaise lors de votre chemin, de retour chez vous, lavez tout ce que vous pouvez à 60 ° cycle long et mettez ce qui ne peut être lavé au congélateur 48 h. le froid extrême tue aussi la punaise et les œufs. Pour votre sac à dos, pulvérisez-le d’insecticide et placer le dans un grand sac poubelle étanche et attendez 15 jours avant de le ressortir.

Voilà, nous avons fait le tour de ce sujet « épineux » mais sérieux, en espérant que vous y avez appris certaines choses et que votre enthousiasme est au maximum il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un BON CHEMIN.

Serge du relais des Jacobins à Cahors