CAMINANTE *…

Pèlerin, ce sont tes traces qui font le Chemin : celles d'aujourd'hui, d'hier et de demain.

Pourquoi aller si loin, si seul et si entouré ? L'amour que tu cherches et qui t'as manqué ?

Ou celui que tu as négligé de distribuer ? Un vœu, une promesse ?

Penses-tu que l'on puisse oublier ? Et simplement changer d'adresse ?

Serait-ce l'espoir ou la volonté ? Pourtant, nous ne faisons que passer.

Le pont se charge de te transformer, il suffit de l'emprunter.

Prends soin de toi, tu en auras besoin : pour trouver ton vrai chemin.

Celui qui t'amène au bout du monde, au bout de toi, à côté de l'Autre.

Même ton voisin tu pourrais l'appeler l'Apôtre !

Voudrais-tu lui ressembler ? Crois-tu que tu puisses changer ?

Ne serait-ce qu'un petit peu et ce serait presque déjà gagné ?

Ton prétexte serait-il l'exaltation de l'aventure à défaut de transformation ?

Prends garde, si tu cherches la gloire, par-là point de chemin,

Seulement des amertumes, de faux amis, des jours sans lendemain.

N'aurais-tu aucune de raison de suivre ces traces qu'en substance est l'explication :

Il n'est point besoin de but pour aller loin, ni d'ambition pour justifier l'action.

Prend soin de toi, prend soin de cet Autre et le Chemin s'ouvrira,

Vers un monde que tu es loin d'imaginer,

Vers une réalité qu'il n'est point besoin d'augmenter

Vers un ailleurs, un avenir ou un passé, que tu n'as cessé d'ignorer.

Tu ES le Chemin et déjà tu sais :

Il ne te reste juste… qu'à l'accepter !

 

(*Sur une inspiration d'Antonio Marchado " caminante, no hay camino… ")

Serge du Relais des Jacobins